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La santé coute cher aux pauvres ! PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Jérôme DOLEAC   
La santé coute cher aux pauvres !
La CMU ne joue pas son rôle.


Contrairement à ce qui est diffusé dans le grand public, la CMU est loin de protéger ceux qui ont le plus besoin d'une vraie protection sociale !

Et parce qu'ils ont des revenus insuffisants, des centaines de milliers de nos concitoyens ne bénéficient d'aucune protection complémentaire de santé.

 

La CMU, la couverture maladie universelle, a constitué un progrès social incontestable.
Elle permet en principe à tout le monde de bénéficier d'une couverture de base, c'est-à-dire du remboursement des frais assuré par la Sécurité sociale. Mais il n'en est pas de même des dépenses prises en charge par les complémentaires santé, autrement dit les mutuelles. Des dépenses qui représentent une partie de plus en plus importante du coût des soins.
Or, pour avoir droit à la CMU dite "complémentaire santé", qui donne accès à la gratuité totale des soins, les conditions de ressources sont drastiques : il faut en effet percevoir pour tout revenu moins de 627 euros par mois (un seuil revalorisé tous les ans).

Un rapport du "fonds CMU", l'organisme qui finance le dispositif dénonce cette situation, et s'insurge contre ce plafond de ressources, "inférieur au seuil de pauvreté" (880 euros par mois) et "excluant des dispositifs une grande part de la population démunie financièrement, y compris les allocataires de certains minima sociaux".

Plus grave, ce plafond de ressources a entraîné l'apparition d'une nouvelle catégorie d'assurés sociaux : ceux qui n'ont ni accès à la CMU complémentaire, ni les moyens de se payer une mutuelle.

À la clé : l'impossibilité de se soigner correctement. Ainsi, une consultation chez un généraliste leur coûtera 7,60 euros, une consultation chez un neurologue 8,10 euros et une journée à l'hôpital 18 euros. Parmi eux des catégories particulièrement fragiles : une grande partie des 830 000 bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé (681,63 euros par mois), et des 575 000 personnes touchant l'allocation de solidarité aux personnes âgées (677,13 euros), et bientôt plusieurs milliers de chômeurs en fin de droits.

Résultat dramatique : les personnes âgées à faible revenu et les handicapés pauvres payent aujourd'hui plein pot pour leur santé.

Le problème est d'autant plus aigu que, comme le rappelle Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (Association des accidentés de la vie),
"les bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé sont par nature de gros consommateurs de soins. Ils dépensent donc beaucoup pour leur santé et subissent très fortement les franchises médicales".

Les pouvoirs publics, pour le moment, ne semblent pas s'en émouvoir...

 

 

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